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Réglementation

9 août 2026 · Par Claire Faure

DPE pour gîte et meublé de tourisme : obligations, impact et travaux prioritaires

DPE pour gîte et meublé de tourisme : obligations, impact et travaux prioritaires

Le diagnostic de performance énergétique est un sujet que beaucoup de propriétaires de gîtes ont longtemps ignoré, pensant qu'il ne concernait que les locations à l'année. C'est une erreur. Les obligations évoluent rapidement, les sanctions fiscales sont réelles, et les travaux d'amélioration sont souvent moins coûteux qu'on ne l'imagine, notamment grâce aux aides disponibles.

Le DPE est-il obligatoire pour un gîte ou un meublé de tourisme ?

Ce que dit la loi

Depuis la loi Climat et Résilience de 2021 et ses décrets d'application, le DPE est progressivement rendu obligatoire pour les meublés de tourisme, au même titre que pour les locations longue durée. La mise en oeuvre se fait par étapes, mais la direction est claire : tous les hébergements proposés à la location devront disposer d'un DPE valide.

Pour les meublés de tourisme classés et les gîtes loués plus de 120 jours par an, l'obligation d'afficher le DPE dans les annonces est désormais en vigueur. Un DPE doit être réalisé par un diagnostiqueur certifié et a une durée de validité de 10 ans (sauf travaux modificateurs de l'enveloppe du bâtiment).

Les sanctions en cas d'absence

Un propriétaire qui ne dispose pas de DPE valide ou qui l'omet dans ses annonces s'expose à des amendes et, dans certains cas, à une mise en cause de la validité du bail ou du contrat de location. La réglementation est en cours de durcissement : il vaut mieux agir de manière proactive.

Quels classements sont concernés par les interdictions ?

La classe G, déjà interdite

Depuis le 1er janvier 2025, un logement classé G (plus de 450 kWh/m2/an d'énergie primaire) ne peut plus être mis en location, que ce soit en longue durée ou en meublé de tourisme. Si votre gîte est classé G, vous êtes dans l'obligation légale d'effectuer des travaux avant de le remettre en location.

La classe F, bientôt dans le viseur

La classe F sera progressivement interdite à la location à partir de 2028. Si votre gîte est actuellement en classe F (entre 331 et 450 kWh/m2/an), vous avez encore du temps, mais anticiper les travaux vous permet de bénéficier des aides actuelles et d'éviter une interruption forcée d'activité.

Classes A à E : aucune restriction

Les logements classés de A (très performant) à E sont actuellement sans restriction de location. L'objectif à terme, pour la plupart des propriétaires, est d'atteindre au moins la classe D ou C pour rester dans les meilleures conditions.

L'impact fiscal du DPE sur votre gîte

Régime micro-BIC et abattement

Les gîtes et meublés de tourisme classés bénéficient d'un abattement fiscal de 71 % dans le cadre du régime micro-BIC (contre 50 % pour les meublés non classés). Depuis 2024, la loi Le Meur a introduit des modifications importantes : l'abattement de 71 % reste réservé aux meublés de tourisme classés situés en zone non tendue, avec un plafond de 188 700 euros de recettes.

La performance énergétique n'est pas encore directement liée à cet abattement fiscal, mais le gouvernement a signalé que les logements classés F et G pourraient se voir appliquer des pénalités fiscales supplémentaires dans les années à venir.

Valeur patrimoniale de votre bien

Au-delà de la fiscalité locative, le DPE a un impact direct sur la valeur de revente de votre bien. Un gîte classé D ou mieux se vend significativement plus cher qu'un bien classé F ou G. Améliorer votre DPE est donc un investissement doublement rentable.

Quels travaux prioriser pour améliorer son DPE ?

Le DPE prend en compte deux éléments principaux : la consommation d'énergie primaire et les émissions de gaz à effet de serre. Les travaux les plus efficaces agissent sur ces deux facteurs simultanément.

1. L'isolation thermique : le levier le plus puissant

L'isolation des combles et des toitures peut améliorer votre classement de une à deux lettres à elle seule. C'est généralement le premier travail à réaliser car il offre le meilleur rapport coût/impact énergétique. Le coût moyen d'une isolation des combles perdus se situe entre 20 et 50 euros par m2 selon les matériaux.

2. Le remplacement du système de chauffage

Passer d'une chaudière au fioul (très pénalisante dans le DPE) à une pompe à chaleur air/eau ou à une chaudière à granulés peut transformer radicalement votre classement. Une pompe à chaleur bien dimensionnée peut vous faire gagner deux à trois lettres dans votre DPE.

3. L'isolation des murs et des fenêtres

Les doubles vitrages remplacent des fenêtres simple vitrage avec un gain énergétique réel. L'isolation des murs par l'extérieur est plus coûteuse mais très efficace, notamment sur les bâtiments en pierre ou en brique.

4. La ventilation

Une VMC (ventilation mécanique contrôlée) double flux améliore à la fois la performance énergétique et le confort des occupants. Elle est souvent prescrite en complément des travaux d'isolation.

Les aides disponibles pour financer vos travaux

MaPrimeRénov'

C'est l'aide principale de l'État pour la rénovation énergétique. Accessible aux propriétaires bailleurs (dont les gîtes), elle peut couvrir entre 20 % et 70 % du coût des travaux selon vos revenus et la nature des travaux. Pour les propriétaires réalisant un "parcours accompagné" (rénovation globale avec un gain d'au moins deux classes de DPE), les aides sont maximisées.

En 2026, MaPrimeRénov' reste accessible mais le dispositif a été recentré sur les ménages modestes et les rénovations globales. Consultez le site officiel maprimerenov.gouv.fr pour vérifier votre éligibilité. L'ADEME propose également des guides pratiques sur la rénovation énergétique.

Les CEE (Certificats d'Économies d'Énergie)

Les fournisseurs d'énergie sont obligés de financer des travaux d'économie d'énergie chez les particuliers. Les primes CEE se cumulent avec MaPrimeRénov' et peuvent représenter plusieurs milliers d'euros selon les travaux réalisés.

L'éco-prêt à taux zéro

Un prêt sans intérêt jusqu'à 50 000 euros pour financer des travaux de rénovation énergétique. Il est accordé sans condition de ressources pour les propriétaires.

Par où commencer ?

Avant de vous lancer dans des travaux, faites réaliser un audit énergétique (obligatoire pour les logements classés F et G avant travaux). Cet audit identifie les travaux les plus efficaces pour votre bien spécifique et vous permet de prioriser votre investissement. Le coût d'un audit se situe entre 500 et 1 500 euros, mais il est en partie pris en charge dans le cadre du parcours accompagné MaPrimeRénov'.


Un gîte bien noté sur le plan énergétique se loue mieux, se vend mieux et coûte moins cher à maintenir. C'est aussi un argument de communication croissant auprès de voyageurs de plus en plus sensibles à ces questions. DANOMO vous aide à valoriser vos atouts, y compris votre performance énergétique, sur votre site internet de gîte. Découvrez notre offre sur danomo.fr.

Pour aller plus loin : loi Le Meur : ce qui change pour les gîtes · labels et classements : ça vaut le coup ? · fiscalité de la location courte durée

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