12 mars 2026 · Par Claire Faure
Loi Le Meur 2025 : ce que ça change pour les gîtes et chambres d'hôtes
Depuis son adoption fin 2024, la loi Le Meur suscite beaucoup d'inquiétudes chez les propriétaires de gîtes et de meublés de tourisme. Est-ce que ça vous concerne ? Que devez-vous changer concrètement ? Voici ce que vous devez savoir.
Pourquoi cette loi a été adoptée
La loi Le Meur (du nom de la députée Annaïg Le Meur) est née d'une tension de fond entre deux réalités : l'explosion des locations type Airbnb dans certaines villes, qui aggrave la crise du logement, et les propriétaires de gîtes ruraux qui pratiquent une location raisonnée depuis des décennies.
L'objectif de la loi : donner aux communes les moyens de réguler les meublés de tourisme sur leur territoire, tout en préservant les spécificités des hébergements touristiques traditionnels.
Les 5 mesures clés de la loi Le Meur
1. Le plafonnement à 90 nuits pour les résidences principales
La limite de location des résidences principales est abaissée de 120 à 90 nuits par an dans les communes qui le décident.
Ce que ça change pour vous : Si votre gîte est votre résidence principale, vérifiez si votre commune a adopté ce plafond. Pour les gîtes qui sont des résidences secondaires ou des biens distincts, cette mesure ne s'applique pas.
2. Le DPE obligatoire pour les nouvelles déclarations
Tout nouveau meublé de tourisme déclaré doit désormais fournir un diagnostic de performance énergétique (DPE). Les locations classées G sont interdites de location dès 2025, et les F suivront progressivement.
Ce que ça change pour vous : Si votre logement est ancien et mal isolé, faites réaliser un DPE avant de vous retrouver dans l'impossibilité de le louer légalement.
3. Le renforcement des pouvoirs des communes
Les communes de plus de 20 000 habitants (et certaines communes touristiques) peuvent désormais :
- Réduire le quota de meublés autorisés dans certains quartiers
- Exiger une autorisation préalable de changement d'usage
- Imposer un numéro d'enregistrement pour toute annonce en ligne
Ce que ça change pour vous : Dans les communes touristiques populaires (littoral, montagne, centres historiques), vérifiez auprès de votre mairie si de nouvelles obligations s'appliquent.
4. La compensation pour les changements d'usage
Dans les communes qui le décident, un propriétaire qui transforme un logement résidentiel en meublé de tourisme doit désormais compenser en créant un logement résidentiel équivalent.
Ce que ça change pour vous : Si vous envisagez de convertir un bien résidentiel en gîte, renseignez-vous sur les règles locales avant tout projet.
5. La fiscalité des meublés de tourisme revue
La loi Le Meur modifie le régime fiscal du micro-BIC pour les meublés de tourisme non classés :
- Abattement ramené à 30 % (contre 50 % auparavant) pour les meublés non classés
- Les meublés classés conservent un abattement de 71 %
Ce que ça change pour vous : Le classement de votre hébergement devient un enjeu fiscal concret. Un gîte non classé paiera significativement plus d'impôts qu'un gîte classé à revenus équivalents. Pour comprendre l'ensemble des régimes d'imposition disponibles, consultez notre guide sur la fiscalité de la location courte durée.
Ce que la loi Le Meur ne change PAS
Les gîtes ruraux traditionnels sont globalement préservés.
Si vous gérez un ou deux logements ruraux en dehors des zones tendues, la loi Le Meur change peu de choses dans votre quotidien. Elle cible principalement les investisseurs qui multiplient les meublés dans les centres-villes et les zones à forte pression immobilière.
Les chambres d'hôtes, soumises à des règles spécifiques (présence du propriétaire, 5 chambres maximum, 15 personnes maximum), sont également moins concernées par ces mesures.
Les questions pratiques à vous poser dès maintenant
1. Votre bien est-il classé ? Si non, le classement mérite sérieusement d'être envisagé, ne serait-ce que pour l'avantage fiscal. Gîtes de France, Clévacances et Atout France proposent des classements reconnus. Découvrez aussi notre comparatif des labels et classements.
2. Quel est le DPE de votre logement ? Si vous ne l'avez jamais fait réaliser, c'est le moment. Un DPE coûte entre 100 et 300 € et est désormais obligatoire pour les nouvelles déclarations.
3. Votre commune a-t-elle adopté des restrictions ? Consultez le site de votre mairie ou contactez le service urbanisme pour vérifier si des mesures locales ont été prises.
4. Combien de nuits louez-vous par an ? Si vous êtes proche des 90 nuits et que votre bien est votre résidence principale dans une commune qui applique le plafond, ajustez votre planning.
L'opportunité cachée dans la loi Le Meur
Paradoxalement, cette loi crée une opportunité pour les propriétaires de gîtes qui jouent le jeu de la location touristique sérieuse.
En rendant la location plus complexe pour les investisseurs opportunistes, elle favorise les hébergeurs établis, bien classés, qui offrent une vraie expérience. Et en incitant les voyageurs à se tourner vers des hébergements conformes, elle valorise ceux qui ont investi dans la qualité.
C'est aussi une raison supplémentaire d'avoir votre propre site internet, pour ne pas dépendre exclusivement d'Airbnb ou Booking.com, dont les règles peuvent changer du jour au lendemain. Notre guide sur l'indépendance vis-à-vis des plateformes vous explique comment développer vos réservations directes.
Le texte complet de la loi Le Meur est consultable sur Légifrance.
Vous avez des questions sur la façon de développer vos réservations directes et de réduire votre dépendance aux plateformes ? Discutez-en avec nous gratuitement, 30 minutes pour faire le point sur votre situation.
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